Rue Champ du Roi, 145 - 1040 Bruxelles - Tél.: 02 640 21 23

La vaccination du lapin

La myxomatose et la maladie virale hémorragique chez le lapin domestique ( Oryctolagus cuniculus)

1. La myxomatose

La myxomatose est une maladie virale qui affecte spécifiquement le lapin européen (Oryctolagus cuniculus). Il y a une influence saisonnière marquée : quelques cas isolés de mai à juin, un pic marqué aux mois de juillet et août, l’incidence diminue ensuite jusqu’à la disparition de la maladie en hiver. Cette maladie est en forte augmentation depuis quelques années.

Etiologie

La maladie est causée par un virus appartenant à la famille des poxviridae et au genre leporipoxvirus.

Transmission

Essentiellement par les insectes piqueurs :
Puces : spilopsyllus cuniculi (la puce commune du lapin) ou ctenocephalides canis ou felis
Poux : haemodipsus ventricosus
Acariens : psoroptes cunicule, cheyletiella parasitovorax
Moustiques
Occasionnellement, la maladie peut se contracter par contact direct avec des lapins sauvages malades.

Signes cliniques de la maladie

Deux formes de la maladie ont été décrites
- la forme classique ou nodulaire
- la forme respiratoire

1°) La forme classique débute avec des lésions cutanées qui apparaissent généralement après 4 à 5 jours d’incubation.
Ces lésions appelées myxomes (ou pseudo tumeurs) sont des nodules contenant une sécrétion mucoïde, parfois purulente. Ils se développent principalement au niveau de la face autour des yeux, sur le nez, sur le menton, à la base des oreilles mais également au niveau des organes génitaux et de l’anus.
Dans les formes aiguës, la tête apparaît boursouflée, les yeux sont tuméfiés et purulents voire complètement fermés.
Les animaux refusent de s’alimenter et de boire, deviennent apathiques. Le taux de mortalité est élevé.

2°) La forme chronique est plus fréquente depuis quelques années. Les lésions seront essentiellement localisées au niveau des poumons. Les myxomes sont peu nombreux et plus petits. Il y a des lésions congestives au niveau des organes génitaux et de l’anus.
On trouvera plus fréquemment cette forme chronique chez nos lapins domestiques.

Diagnostic

Il repose essentiellement sur l’examen clinique.

Traitement

Le traitement est déconseillé, il est difficile et purement symptomatique : antibiothérapie, anti inflammatoire, gavage et réhydratation.
Il existe néanmoins exceptionnellement des cas de guérison qui dépendront de la virulence de la souche, de la résistance du lapin, de l’apparition d’éventuelles surinfections secondaires.

Prévention

Elle consistera à protéger les lapins des insectes vecteurs de la maladie, de limiter les contacts directs ou indirects avec les lapins sauvages. Ces mesures étant malheureusement insuffisantes, il est préférable de recourir à la vaccination.

Vaccination

2. La maladie virale hémorragique

Etiologie

La maladie virale hémorragique (RHD) est causée par un calicivirus appartenant au genre Lagovirus. Transmission

Le virus est très résistant dans le milieu extérieur. La contamination se fait par voie orale, nasale et parentale directe ou indirecte. Le virus est présent dans les urines, les fèces, la salive et les secrétions nasales des animaux malades. Les aliments contaminés sont donc une source très fréquente d’infection. Les insectes et les oiseaux peuvent également servir de vecteurs mécaniques.

Signes cliniques de la maladie

La période d’incubation est courte : 16 à 48H.
La maladie est souvent subaiguë et le lapin sera retrouvé mort sans avoir montré de symptômes autres qu’un écoulement hémorragique au niveau du nez.
Dans les cas aigus, on observera des signes cliniques aspécifiques comme de l’anorexie, de la dépression, de la dyspnée. Des symptômes digestifs tels que diarrhée ou constipation peuvent être décrits.
Dans certains cas, des symptômes neurologiques peuvent être décrits : ataxie, convulsions, opisthotonos.
Les écoulements hémorragiques au niveau du nez seront observés dans 20% des cas.
A l’autopsie, les lésions typiques seront une nécrose sévère du foie, une congestion du thymus, une trachéite hémorragique, de l’œdème et des hémorragies pulmonaires, de la congestion au niveau des reins.

Diagnostic

Vu la rapidité d’évolution des symptômes, le diagnostic sera généralement post mortem.

Traitement

Il n’existe aucun traitement vu l’évolution rapide de la maladie.

Prévention

- Prophylaxie sanitaire : élimination de fourrage souillé par l’urine d’autres lapins. Eviter l’apport de verdure cueillie dans la nature aux lapins domestiques.
- Prophylaxie médicale : la vaccination est efficace et très sûre.

En conclusion :

Sans traitement possible, seule la vaccination pourra protéger les lapins contre ces deux maladies
Vu le type de transmission de ces deux maladies, la vaccination est recommandée même pour les lapins qui ne sortent pas.
La vaccination est très sûre.
Un nouveau vaccin est actuellement disponible : il s’agit d’un vaccin recombinant assurant une protection contre la myxomatose et la RHD.
La vaccination peut être effectuée chez des lapins à partir de 5 semaines.
Elle confère une protection d’un an.
Actuellement on considère que seulement 15% de nos lapins domestiques sont vaccinés.